Pourquoi est-il parfois si difficile de voir ses propres compétences ?
Salarié·e en réflexion, cadre en transition, personne en recherche d’emploi ou en reconversion : il arrive souvent, à un moment de sa vie professionnelle, de ne plus savoir clairement ce que l’on sait faire.
À Rennes, à Cesson-Sévigné comme à distance, je rencontre régulièrement des personnes expérimentées qui peinent pourtant à identifier leurs compétences. Pourquoi ? Parce que nos talents les plus naturels deviennent invisibles à nos propres yeux, surtout lorsque la fatigue, le doute ou le regard des autres brouillent notre perception.
Heureusement, des méthodes concrètes permettent de remettre des mots sur ses acquis et de retrouver confiance dans son parcours.
1. Pourquoi est-il si difficile d’identifier ses compétences ?
Nous confondons souvent compétences et diplômes
Lorsque je demande à une personne quelles sont ses compétences, la première réponse ressemble souvent à une liste de logiciels maîtrisés, de formations suivies ou de tâches réalisées.
Or, une compétence ne se limite pas à un diplôme ou à une connaissance technique. Elle correspond à la capacité de mobiliser plusieurs ressources dans une situation donnée pour obtenir un résultat.
Par exemple, « organiser une réunion » semble être une tâche. Pourtant, cette action peut mobiliser de nombreuses compétences :
- planifier ;
- hiérarchiser les priorités ;
- coordonner plusieurs interlocuteurs ;
- anticiper les imprévus ;
- transmettre des informations clairement ;
- respecter un délai.
Une activité quotidienne, qui paraît banale à la personne qui la réalise, peut donc révéler un véritable ensemble de compétences transférables.
Ce que nous faisons facilement nous semble sans valeur
Nous avons tendance à penser qu’une compétence doit demander un effort visible pour être légitime. À l’inverse, ce qui nous vient naturellement est souvent minimisé :
« Tout le monde sait faire cela. »
En réalité, non.
Mettre rapidement une personne en confiance, comprendre un besoin mal formulé, apaiser une tension, structurer un projet confus ou trouver une solution face à un imprévu ne sont pas des capacités universelles.
Si vous les exercez depuis des années, elles vous paraissent peut-être ordinaires. Elles peuvent pourtant constituer votre plus grande valeur professionnelle.
Le contexte peut brouiller le regard porté sur soi
Un licenciement, une période de chômage, un burn-out, un déménagement ou une perte de sens peuvent fragiliser la confiance professionnelle.
Lorsque nous ne recevons plus de reconnaissance ou que nous quittons un environnement dans lequel notre rôle était clairement identifié, une question peut apparaître :
« Est-ce que je sais encore faire quelque chose d’utile ? »
La compétence n’a pas disparu. C’est sa visibilité qui s’est affaiblie.
2. Identifier ses compétences grâce à son expérience réelle
Partir des situations, pas des intitulés de poste
Pour identifier ses compétences, il est plus efficace d’étudier des situations précises que de relire passivement son CV.
Choisissez trois expériences dont vous êtes satisfait·e, professionnelles ou extra-professionnelles, puis posez-vous les questions suivantes :
- Quel était le contexte ?
- Quel problème devais-je résoudre ?
- Qu’ai-je fait concrètement ?
- Quelles difficultés ai-je surmontées ?
- Quel résultat ai-je obtenu ?
- Qu’est-ce que les autres ont apprécié dans ma manière d’agir ?
Les verbes utilisés dans vos réponses feront apparaître vos compétences : analyser, organiser, convaincre, négocier, accompagner, former, coordonner, sécuriser, expliquer ou décider.
Le cas de Laura : des compétences devenues invisibles
Laura (prénom modifié) est arrivée en bilan avec l’impression de ne plus savoir clairement ce qu’elle pouvait apporter.
Pourtant, pendant des années dans l’immobilier, elle avait prospecté sur le terrain, estimé des biens, défendu leur valeur, négocié entre vendeurs et acquéreurs et coordonné notaires, courtiers, artisans et diagnostiqueurs. Elle avait aussi formé de nouvelles recrues et organisé l’activité d’une agence.
Elle résumait pourtant son expérience ainsi :
« J’ai seulement vendu des maisons. »
Prenons un rendez-vous d’estimation. Laura devait observer le bien, questionner le propriétaire, analyser le marché, comprendre l’attachement émotionnel au logement, expliquer son raisonnement et parfois annoncer un prix difficile à entendre.
Ce n’était pas simplement visiter une maison. Elle mobilisait de l’écoute, de l’analyse, de la pédagogie, de la diplomatie et de la conviction.
Au fil du travail, plusieurs compétences transférables ont été mises en évidence :
- écoute active et compréhension des besoins ;
- conduite d’entretiens ;
- coordination de projets et d’interlocuteurs ;
- organisation et planification ;
- résolution de problèmes ;
- transmission de connaissances ;
- adaptation du discours ;
- capacité à rassurer et à créer du lien.
Laura ne manquait donc pas de compétences. Elle manquait de recul et de mots pour les reconnaître.
Faire appel au regard des autres
Notre entourage professionnel voit parfois mieux nos forces que nous-mêmes.
Vous pouvez interroger d’anciens collègues, responsables, partenaires ou clients :
- Dans quelles situations me trouvez-vous particulièrement efficace ?
- Pour quel type de problème viendriez-vous me solliciter ?
- Quelle est, selon vous, ma manière personnelle de travailler ?
- Qu’est-ce que j’apporte à une équipe ?
- Quelle compétence est-ce que je sous-estime ?
L’objectif n’est pas de dépendre du regard des autres, mais de recueillir des indices. Si plusieurs personnes utilisent les mêmes mots, il existe probablement une compétence solide derrière ces observations.
3. Du bilan de compétences au projet professionnel
Classer ses compétences pour retrouver de la clarté
Une fois les compétences repérées, il est utile de les organiser en quatre catégories :
- Compétences techniques : connaissances métier, outils, réglementation, méthodes.
- Compétences relationnelles : écouter, conseiller, négocier, fédérer, rassurer.
- Compétences organisationnelles : planifier, coordonner, anticiper, prioriser.
- Compétences transversales : apprendre, analyser, résoudre un problème, s’adapter.
Ce classement permet de sortir d’une vision limitée à un ancien métier. Vous ne repartez pas de zéro lorsque vous changez de secteur : vous transportez avec vous une partie de votre expérience.
Distinguer « savoir faire » et « avoir envie de faire »
Posséder une compétence ne signifie pas vouloir continuer à l’utiliser de la même manière.
Une personne peut être excellente en développement commercial et ne plus vouloir travailler sous la pression permanente des chiffres. Elle peut conserver ses capacités d’écoute, de négociation et d’analyse des besoins, puis les transférer vers la formation, les ressources humaines, le conseil ou la relation client.
Cette distinction est essentielle lors d’une reconversion professionnelle :
- Qu’est-ce que je sais faire ?
- Qu’est-ce que j’aime faire ?
- Qu’est-ce que je ne veux plus faire ?
- Dans quel environnement ai-je envie d’utiliser mes compétences ?
Tester avant de décider
Identifier ses compétences ne suffit pas toujours à faire émerger immédiatement « le bon métier ». La suite passe par l’exploration :
- lire des offres d’emploi ;
- rencontrer des professionnels ;
- réaliser des enquêtes métiers ;
- étudier les conditions d’accès et de rémunération ;
- envisager une immersion professionnelle ;
- confronter chaque piste à ses contraintes personnelles.
Un projet solide ne naît pas d’une intuition isolée. Il se construit progressivement, en croisant les compétences, les motivations, les besoins et la réalité du marché.
Vous n’avez probablement pas perdu vos compétences
Si vous avez du mal à identifier vos compétences, cela ne signifie pas que vous n’en avez pas. Elles sont peut-être devenues trop familières, enfermées dans un ancien intitulé de poste ou masquées par une période de doute.
Le bilan de compétences offre un cadre pour prendre du recul, relire son parcours, mettre des mots précis sur ses acquis et explorer des pistes réalistes. Il ne promet pas une réponse magique : il permet de construire, pas à pas, une direction plus claire et un plan d’action adapté à votre situation.
Vous souhaitez faire le point sur votre parcours à Rennes, à Cesson-Sévigné ou à distance ? Réservez votre RDV Découverte gratuit de 45 minutes. Nous échangerons en toute confidentialité sur votre situation et sur l’accompagnement qui pourrait vous convenir.
Autres liens :

.png)
.png)

